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Journée d’étude : Les arts pour la santé mentale des enfants et adolescent·es en milieu scolaire

Organisée par la Chaire de recherche sur les arts pour la santé mentale des enfants et les adolescent·es (CASMEA).

Art de l’affiche : Johanna Gamarra

Depuis la pandémie de la COVID-19, les problématiques de santé mentale chez les jeunes se sont amplifiées de manière significative. Face à cette réalité, les pratiques artistiques émergent comme des ressources pédagogiques essentielles, mobilisées en tant que vecteurs directs de prévention, de promotion et de soutien de la santé mentale dans les établissements scolaires. Cette journée d’étude vise à dresser un état des lieux des pratiques actuelles et à explorer comment les arts participent aujourd’hui à la prévention et à la promotion du bien-être des jeunes en milieu scolaire.

Cette journée réunira des professeur.res, chercheur·ses, artistes, enseignant·es et professionnels·les du milieu scolaire autour d’une réflexion collective sur les liens profonds entre les pratiques artistiques et le bien-être des enfants et des adolescent·es. Elle vise à mettre en lumière les initiatives innovantes et les pratiques inspirantes développées dans les écoles primaires et secondaires, à favoriser le dialogue entre les acteur·rices des milieux universitaires, culturels, scolaires et de la santé. Elle vise également à identifier les points de convergence et les spécificités de chaque discipline artistique dans leur contribution à la santé mentale, de même qu’à ouvrir des pistes de réflexion et de collaboration pour l’avenir.

Cet événement bénéficie de l’appui de la Faculté des arts, de l’École supérieure de théâtre et du Pôle de la santé mentale de l’UQAM, de l’Institut universitaire SHERPA ainsi que du MEM – Centre des mémoires montréalaises.

Lieu :
Centre des mémoires montréalaises (MEM)
1210, boulevard Saint-Laurent
Montréal (Québec) H2X 2S5

Date et horaire :
18 septembre 2026 de 9 h à 17 h

Coût :
Entrée gratuite – inscription obligatoire

INSCRIPTIONS :
cliquez ici.

Pour toute question : casmea@uqam.ca

PROGRAMME

8h30 – Accueil

Vous pouvez arrivez dès 8h30 à l’événement.

9h à 9h40 – Ouverture – Santé mentale des jeunes en milieu scolaire

Julie Leclerc est psychologue et professeure titulaire au département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal. Elle est directrice adjointe scientifique de la recherche en santé mentale et chercheure régulière au Centre de recherche Savoirs Partagés (SQ NIM-U). Elle est aussi chercheure associée au Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal. Ses travaux portent sur les jeunes présentant des problèmes de comportement et des troubles neurodéveloppementaux et de santé mentale (p. ex., syndrome de la Tourette, TDAH, troubles anxieux, trouble obsessionnel compulsif). Elle s’intéresse au développement et à l’évaluation d’interventions cognitives comportementales et aux facteurs cognitifs, émotionnels et psychophysiologiques associés à l’adaptation sociale et scolaire. Elle dirige le LETOPE qui regroupe une dizaine de doctorant.e.s en psychologie.

Ghayda Hassan est psychologue clinicienne et professeur de psychologie clinique culturelle à l’université de l’UQAM à Montréal. Elle a plusieurs affiliations nationales et internationales dans les domaines de la recherche, de la clinique et de la communauté. Elle est directrice du Réseau canadien des praticiens pour la prévention de la radicalisation et de la violence extrémiste (RPC-PREV ; financé par PS Canada ; https://cpnprev.ca ).  Ses revues systématiques, ses recherches et ses activités cliniques s’articulent autour de quatre grands domaines de la psychologie culturelle clinique : 1) Souffrance sociale, relations intercommunautaires, haine, racisme et violence extrémiste ; 2) Intervention en violence familiale et diversité culturelle ; 2) Identité, appartenance et santé mentale des enfants et des adolescents issus de minorités ethniques/religieuses ; 3) Travail avec les immigrants et les réfugiés vulnérables. 

9h45 à 11h – Panel ARTS VISUELS
Chloé Charbonnier
Titre : Prendre la parole par l’image : le cyanotype comme espace d’expression, d’affirmation et de bien-être chez les enfants et adolescent·e

Comment les pratiques artistiques peuvent-elles contribuer au bien-être des jeunes en leur offrant des espaces de parole significatifs? Cette communication présente une démarche de création menée auprès d’élèves du primaire et du secondaire autour de la réalisation de pancartes poétiques et revendicatrices en cyanotype, un procédé photographique dont la matérialité favorise l’expérimentation et l’appropriation du message.

Le projet invite les élèves à exprimer une préoccupation, un désir ou une revendication qui les habite. À partir de cette prise de parole initiale, les jeunes choisissent librement, parmi différents procédés plastiques proposés, la manière de traduire leur message dans une démarche favorisant l’autonomie, la créativité et la pensée critique (Lamoureux, 2018).

S’inscrivant dans une approche horizontale de transmission des savoirs, l’artiste agit moins comme spécialiste que comme accompagnatrice d’un espace collectif d’expression où le partage de sa pratique dans l’espace public devient générateur de réflexion et de discussion. Les œuvres réalisées sont ensuite présentées au sein du groupe, puis diffusées dans différents contextes – école ou lieu culturel – permettant aux élèves d’expérimenter une prise de parole citoyenne et de développer leur pouvoir d’agir (Hedjerassi, 2016) au-delà du cadre de l’atelier.

À partir de cette expérience, cette communication montrera comment les pratiques artistiques peuvent renforcer le sentiment d’être écouté·e, soutenir le dialogue et contribuer au bien-être des jeunes. L’art apparaît alors non seulement comme un moyen d’expression, mais également comme un vecteur d’émancipation et de valorisation susceptible de soutenir la santé mentale en milieu scolaire (Blais & Mensah, 2017; Saillant, 2024).

Chloé Charbonnier est photographe, artiste multidisciplinaire et candidate à la maîtrise en arts visuels et médiatiques (concentration recherche-intervention) à l’UQAM. Ses œuvres prennent la forme de photographies, de cyanotypes et de performances. Sa démarche artistique est intrinsèquement liée à son désir de comprendre le monde qui l’entoure, oscillant entre photographie artistique et activisme social poétique. À travers des interventions urbaines engagées, elle souhaite transformer les rues en galerie d’art à ciel ouvert, mais également en espace de réflexion et de résistance, utilisant la poésie comme levier de transformation sociale. Sa préoccupation d’ouvrir un espace de parole pour toutes et tous prend également forme dans des projets culturels, communautaires et pédagogiques ainsi que dans des interventions artistiques participatives portées par un même idéal : rompre l’indifférence

Marie Müller
Titre : Histoires de refus, lueurs d’espoir : récits écologiques d’élèves dans un atelier de bande dessinée en milieu scolaire

La crise climatique peut susciter chez les jeunes des émotions difficiles. Au Canada, jusqu’à 66 % des jeunes déclarent ressentir de l’anxiété, de la tristesse ou un sentiment d’impuissance face aux changements climatiques, et 73 % craignent l’avenir (Galway & Field, 2023). Le terme « éco-anxiété » désigne ces réactions, et des chercheurs ont appelé à la création de programmes scolaires pour y répondre. Pourtant, la question reste de savoir comment soutenir les jeunes face à ce que l’ONU a qualifié en 2023 de « forme de violence structurelle à l’encontre des enfants ».

De nombreux programmes d’éducation au climat mettent l’accent sur les connaissances scientifiques, les attitudes pro-environnementales et les changements de comportement, mais ils sont souvent inefficaces et peuvent même aggraver l’éco-anxiété. Or, nous savons, grâce à la recherche sur l’anxiété, la dépression et les traumatismes, que l’appréciation et la création artistiques, ainsi que le récit, peuvent aider à surmonter des émotions difficiles. Mais que se passerait-il si nous combinions ces deux outils, l’art et le récit, pour aider les jeunes à gérer les conséquences émotionnelles négatives du changement climatique?

Mon projet de doctorat explore si des ateliers en classe utilisant la bande dessinée comme outil d’expression créative peuvent atténuer l’éco-anxiété et favoriser le lien avec l’environnement. Les œuvres produites dans le cadre de ces ateliers offrent un aperçu du type d’histoires que les élèves racontent : des récits de refus de résoudre, même en fiction, un problème dont ils ont hérité et qu’on leur demande aujourd’hui d’affronter – mais où surgissent aussi de brèves lueurs d’espoir.

Marie Müller est doctorante en santé mentale au Département de psychiatrie de l’Université McGill à Montréal. Elle a étudié la langue et la littérature allemandes ainsi que l’histoire de l’art à l’Université de Cologne en Allemagne, où elle a obtenu sa maîtrise, dont un semestre à Odense, au Danemark. Ensuite, elle a enseigné l’allemand à l’Université de Victoria, en Colombie-Britannique, en 2022/2023. Elle a également participé à un projet de recherche à l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM) portant sur la prévention et l’intervention en contexte de polarisation sociale dans les écoles. Son projet de doctorat porte sur le soutien à la santé mentale des jeunes face aux changements climatiques. Elle s’intéresse à la manière dont l’expression créative et le récit peuvent offrir aux jeunes des espaces pour exprimer des émotions difficiles, traverser des périodes d’incertitude et imaginer des futurs possibles.

Victoria Maeva Gauberti
Titre : Terre de résilience : La médiation par l’argile en milieu scolaire comme vecteur de bien-être et de résilience dans le processus d’intégration des jeunes nouveaux arrivants.

Cette communication vise à présenter mon projet de recherche-intervention qui explore les effets de la médiation par l’argile sur le bien-être, la résilience et l’intégration des jeunes nouveaux arrivants au Québec.

Les flux de migration vers la province amènent les établissements scolaires à accueillir des élèves dont l’intégration est sujette à de multiples défis, tels que les trajectoires migratoires traumatiques, les barrières linguistiques et le stress d’acculturation (Fumeaux et al., 2013 ; Hohl et Normand, 1996). Dans ce contexte où l’école se présente comme espace central de construction identitaire et d’intégration sociale (Kanouté, 2002), il apparaît essentiel de développer des approches favorisant le vivre-ensemble et le bien-être global de ces jeunes.

Dans cette perspective, les pratiques artistiques apparaissent comme des espaces de médiation propices au développement identitaire, à la socialisation et à l’expression de soi (Beauregard 2020). Plus particulièrement, l’argile, par ses qualités malléables, sensorielles et symboliques, constitue un médium privilégié pour l’élaboration et l’expression d’expériences échappant au langage verbal (Epoh Enone, 2025, Winnicott, 1971).

En vue d’alimenter les réflexions sur le rôle des pratiques artistiques dans la promotion de la santé mentale des enfants et adolescent·es issus de l’immigration, cette communication présentera les assises théoriques, le cadre méthodologique et les objectifs développés dans ce projet de recherche. Elle mettra en évidence la manière dont l’exploration créative de l’argile et l’ancrage au territoire peuvent soutenir la mise en sens de l’expérience migratoire, favoriser le développement d’un sentiment d’appartenance et contribuer au bien-être des jeunes en contexte scolaire.

Victoria Maeva Gauberti est artiste-céramiste, pédagogue et immigrante et s’intéresse aux questions liées au territoire, au déracinement et à la coexistence d’identités culturelles multiples. Ces enjeux traversent sa pratique artistique, pédagogique et ses recherches. Détentrice d’un baccalauréat en enseignement des arts visuels et médiatiques, elle a forgé son expertise dans les milieux scolaires montréalais à travers des approches pédagogiques expérientielles et collaboratives. Désireuse de faire rayonner la créativité et la diversité de ses élèves, elle a participé à différents projets de médiation artistique, notamment avec Une École Montréalaise pour tous, le Centre Turbine et l’artiste Renée Forest. En parallèle, elle développe une pratique artistique en céramique et anime des ateliers de création auprès des familles. Interpellée par le potentiel pédagogique, expressif et relationnel de l’argile, elle poursuit actuellement une maîtrise en recherche-intervention à l’UQAM portant sur les apports de la céramique au bien-être et à l’intégration des jeunes nouveaux arrivants en milieu scolaire.

Médiation : Anne Deslauriers

Anne Deslauriers est professeure à l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM, au profil enseignement des arts. Après une vingtaine d’années en enseignement des arts plastiques au secondaire, elle poursuit son engagement en formation universitaire et en recherche. Sa thèse de doctorat, soutenue en 2022, porte sur la modélisation d’une pratique en enseignement des arts plastiques dynamisée par des questions socioécologiques. Ses travaux explorent les liens entre l’éducation artistique et l’éducation relative à l’environnement. Elle s’intéresse également à l’interdisciplinarité en contexte scolaire, aux collaborations entre les milieux éducatifs, artistiques et communautaires ainsi qu’aux réalités contemporaines de l’enseignement des arts dans des classes diversifiées. Ses recherches actuelles portent plus spécifiquement sur les médiations pédagogiques, les enjeux d’inclusion, de participation et de bien-être des élèves dans les pratiques artistiques scolaires.

11h à 11h15 : Pause 

À la pause, du café, du thé et des viennoiseries seront servis.

11h15 à 12h30 : Panel DANSE
Audrey Dunn
Titre : La danse à l’école : cœur et moteur du bien-être

Dans cette communication, je présenterai certaines situations d’apprentissage et travaux réalisés avec mes élèves du secondaire qui placent le jeune, ses besoins et ses apprentissages au cœur des projets.

Lorsqu’il est question de santé mentale, les chercheurs Westerhof et Keyes (2010) présentent trois dimensions qui la composent. D’abord, la dimension sociale que je présenterai en me référant aux notions de représentativité, d’identité et de bienveillance. Lorsque l’élève est amené à créer, réaliser et participer à des projets plus grands que soi portants sur leurs réalités, besoins, liens avec les autres, il ou elle développe notamment son sentiment d’appartenance et la reconnaissance de son pouvoir d’action. Ensuite, la dimension psychologique qui s’apparente au sentiment de compétence et de reconnaissance.

En reconnaissant ses forces, en ayant l’espace pour s’exprimer et réussir autrement, en s’engageant dans son parcours scolaire à part entière, les jeunes ont la possibilité de transformer leurs défis en forces, d’être davantage motivés et de sentir un regard différent sur leur personne. Et enfin, la dimension émotionnelle montrant la danse comme un outil puissant d’expression, d’harmonisation et de communication. Avoir accès à soi chaque jour dans une pratique artistique permettant de s’ouvrir à soi, aux autres et de s’épanouir déploient des possibilités infinies pour ressentir du bonheur et du bien-être émotionnel. La pratique de la danse, un art qui met le corps en action au quotidien, offre des possibilités de bienfaits physiques à ceux et celles qui la pratiquent.

Audrey Dunn est enseignante spécialiste de la danse à l’école depuis 20 ans et détient une expérience diversifiée en enseignement couvrant l’ensemble du parcours éducatif, du primaire à l’université. Récipiendaire du prix Force Avenir 2017 et Prix Relève 2014 en enseignement de la danse en milieu scolaire de l’UQAM, c’est à l’école secondaire Cavelier-De LaSalle qu’elle se pose depuis 14 ans. Coordonnatrice du programme de danse, elle instaure de nombreux projets rassembleurs et inclusifs qui font rayonner la danse, les élèves et leur milieu. Audrey collabore aussi avec de nombreux artistes professionnels et organismes culturels. Grande défenderesse de la place et de la reconnaissance de la danse à l’école, elle sensibilise, démocratise et revendique son rôle essentiel. Ses valeurs premières sont l’ouverture d’esprit, la bienveillance, la représentativité, l’identité et l’inclusion.
Membre du CA de l’AQEDÉ depuis 2020, Audrey Dunn a à cœur la formation continue et l’actualisation des pratiques enseignantes

Channie Tondreau
Titre : Migration identitaire : soulever volontairement les enjeux liés au parcours migratoire et aux problématiques identitaires pour augmenter le sentiment de bien-être ainsi que l’empathie à l’école

Channie Tondreau souhaite mettre en lumière l’importance d’aborder de façon explicite et décomplexée les réalités liées au parcours migratoire et/ou à la construction identitaire avec les élèves du primaire. Reconnaitre et valoriser leurs expériences culturelles individuelles par des actions délibérées contribue à renforcer le sentiment d’appartenance, le bien-être en plus de l’empathie au sein de la communauté éducative.

Dans un premier temps, une attention particulière sera accordée à la gestion des comportements attendus en classe dans un climat de respect et d’inclusion. Des pistes concrètes seront proposées afin de soutenir des interactions positives et d’ouverture entre les élèves, de célébrer la variété culturelle présente dans les groupes et de transformer les différences en richesses collectives.

L’invitée explorera ensuite l’importance d’intégrer des thématiques porteuses de sens dans les situations d’apprentissage explorées en classe. En offrant des occasions de discuter des parcours de vie, des appartenances multiples et des défis liés à l’immigration, les personnes enseignantes ont le pouvoir de favoriser le développement de la pensée critique, de l’ouverture à l’autre et de la compréhension mutuelle.

Finalement, il sera question du choix de propositions artistiques significatives, en présentant des artistes et des œuvres qui abordent les thèmes de l’identité, de l’exil, de la mémoire et de la diversité. Ces références deviennent des points d’ancrage permettant aux élèves de réfléchir à leur propre histoire tout en découvrant celles des autres.

Cette démarche pédagogique vise à faire de l’école un espace sécurisant où chaque élève peut se reconnaître, être reconnu et contribuer pleinement à la vie culturelle et scolaire.

Channie Tondreau enseigne la danse au Centre de services scolaire de la Pointe‑de‑l’Île depuis 2013, où elle a aussi accompagné pendant plus de cinq ans des enseignant·es en insertion professionnelle et accueilli des personnes stagiaires. Conférencière et chargée de cours au département de danse de l’UQÀM, elle mise sur une pédagogie dynamique, inclusive, décoloniale et ludique. Son travail auprès d’élèves ayant un double diagnostic de TSA et d’incapacité intellectuelle l’a amenée à développer des stratégies favorisant le développement cognitif et moteur, qu’elle transpose également dans les parcours réguliers. Son approche par compétences repose sur des modèles pédagogiques adaptés aux besoins réels des élèves. Elle a d’ailleurs co‑créé, avec une orthopédagogue d’expérience, un processus d’enseignement et d’évaluation de la compétence Apprécier des danses. Dans un milieu désormais marqué par une grande diversité culturelle, elle valorise une réflexion identitaire ouverte et une curiosité respectueuse envers toutes les cultures.

Marie-Claude Bourgault
Titre : Regard sur des pratiques enseignantes engageantes en arts au primaire et au secondaire au CSSMB

Le milieu scolaire actuel se fragilise, affectant tant le personnel enseignant que les élèves de tous les cycles scolaires. Autrefois piliers de nos écoles et véritables filets de sécurité face aux remous du quotidien, les enseignants d’expérience sont aujourd’hui ébranlés et épuisés. Bien que ceux spécialisés en art demeurent créatifs, engagés et soucieux du bien-être de leurs élèves, leur tâche s’alourdit considérablement. Ils doivent désormais composer avec l’influence sociale des médias de masse, la montée de la violence dans les écoles et l’épuisement généralisé du milieu de l’éducation. 

Fort heureusement, des initiatives porteuses permettent encore aux élèves de s’exprimer par les arts et aux enseignants de bâtir une relation de confiance unique avec eux. Ce fut le cas, par exemple, à l’école secondaire Monseigneur-Richard, où la troupe de danse a suivi des ateliers avec un artiste professionnel avant de briller lors d’un Prélude de l’Orchestre Métropolitain. Portées par l’enthousiasme et la fierté, les jeunes danseuses se sont senties pleinement reconnues. Ce jour-là, faisant fi des tracas quotidiens, des échecs et de la maladie, elles étaient toutes au rendez-vous. D’autres initiatives du genre soutiennent la motivation, l’engagement et le bien-être des élèves, tel que le projet bulles.

Le bien-être des enseignants semble être une clé essentielle pour tisser des liens porteurs au sein des communautés scolaires. Il faut d’abord un milieu sain et sécurisant pour parvenir à mettre en œuvre des projets artistiques qui offrent aux élèves un espace idéal pour se nourrir et grandir; une formule gagnante où jeunes et adultes s’élèvent ensemble.

Marie-Claude Bourgault est conseillère pédagogique pour les quatre arts au CSSMB depuis six ans et  place la pédagogie et l’accès à un enseignement artistique de haut niveau au cœur de ses priorités. Son leadership l’amène à piloter de nombreux projets de développement professionnel, que ce soit par l’accompagnement des enseignants, sa contribution au RÉCIT des arts ou par son implication au sein du conseil scientifique du CSSMB. Forte d’une expérience de vingt ans en enseignement de la musique et de la danse, acquise dans diverses régions du Québec et à l’international, elle met aujourd’hui son expertise globale au service du rayonnement des arts en milieu scolaire.

Médiation : Caroline Richard et Stéphanie Connors

Caroline Raymond, Ph.D en éducation, est professeure titulaire au Département de danse de l’Université du Québec à Montréal. Elle enseigne dans les champs de la didactique de la danse et des méthodologies qualitatives. Ses intérêts de recherche portent également sur l’éducation artistique inclusive. Elle est formatrice certifiée à l’entretien d’explicitation (GREX2), une méthode qu’elle réinvestit dans ses recherches universitaires. En plus d’être chercheuse associée à la Chaire stratégique UQAM sur les arts pour la santé mentale des enfants et des adolescents en milieu scolaire, elle agit comme experte au sein de la Chaire UNESCO-UQAM en développement curriculaire pour accompagner l’équipe de conception des programmes d’éducation esthétique et artistique au primaire en Haïti.

Stéphanie Connors est professeure en didactique et pratiques pédagogiques au Département de danse de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et doctorante en sciences de l’éducation à l’Université de Montréal. Ses recherches portent sur la décolonisation des pratiques et des savoirs en danse en contexte scolaire ainsi que sur les pratiques pédagogiques favorisant la motivation et l’expérience scolaire des élèves. À travers des démarches collaboratives menées avec des jeunes, des artistes et des enseignant·es, elle s’intéresse aux enjeux liés à la voix des élèves, à leur pouvoir d’agir ainsi qu’à la reconnaissance de savoirs pluriels et incarnés. Elle explore également la contribution des pratiques artistiques en danse à la création d’espaces relationnels favorisant le sentiment d’appartenance et le bien-être des jeunes. Ses travaux mobilisent des approches critiques en pédagogie, des méthodologies participatives et envisagent la danse comme un levier de transformation sociale.

12h30 à 13h30 : DÎNER

Le Quartier des Spectacles offre une grande varieté de restaurants. Vous pouvez trouver une option clicant ici.

13h30 à 14h45 – Panel MUSIQUE
Catherine Tardif
Titre : Quand les arts rencontrent la santé mentale : réflexion sur les conditions pédagogiques favorisant l’engagement, le bien-être et la réussite des élèves

L’éducation artistique est fréquemment présentée comme un levier favorable à la santé mentale et au bienêtre des jeunes (Birrell et al., 2025; Golden et al., 2024; Liu, 2026). On documente notamment sa contribution au développement de l’estime de soi, du sentiment d’appartenance, de l’engagement scolaire et des compétences socioémotionnelles. Toutefois, ces retombées positives pourraient être compromises ou maximiser selon certaines caractéristiques des milieux, notamment en raison de certaines pratiques d’enseignement ou de la qualité des interactions en classe (Tardif, 2026).

Cette communication propose de déplacer le regard des effets des arts vers les conditions pédagogiques qui rendent ces effets possibles. En croisant les résultats de travaux portant sur l’anxiété de performance musicale, la présence de violence éducative ordinaire en contexte scolaire ainsi que les pratiques pédagogiques soutenant la santé mentale positive, nous soutenons que la qualité de l’expérience vécue par les élèves dépend largement des pratiques mises en œuvre dans les classes.

Une attention particulière sera accordée à la notion d’espace dialogique, comprise comme la place accordée à la parole, à la participation, à la coopération et à la coconstruction des apprentissages (Bucheton et Soulé, 2009). Cette perspective ouvre un programme de recherche visant à mieux comprendre comment certaines pratiques, comme celles inspirées des pédagogies actives par exemple, peuvent contribuer simultanément à la santé mentale, à l’engagement, à la persévérance et à la réussite des élèves en contexte d’apprentissage des arts en milieux scolaires, et plus particulièrement la musique.

Catherine Tardif est au Département de musique de l’UQAM. Elle détient un doctorat en psychopédagogie de l’Université de Montréal et quinze années d’expérience en enseignement de la musique en contexte scolaire. Formée à l’approche Dalcroze, elle s’intéresse aux pratiques pédagogiques favorisant l’engagement et le bienêtre des élèves en contexte d’apprentissage de la musique. Ses travaux portent sur la prévention de la violence éducative ordinaire en milieu scolaire, l’espace dialogique en classe de musique et l’anxiété de performance musicale. Catherine Tardif est coresponsable d’un axe de recherche de l’Observatoire sur la santé mentale étudiante en enseignement supérieur (OSMÉES) portant sur les pratiques organisationnelles, pédagogiques et d’accompagnement pour soutenir la réussite, la santé mentale et les transitions interordres et intercycles. Elle est aussi présidente de l’Association des orchestres de jeunes de la Montérégie (AOJM), membre du groupe RENARD spécialisé en transfert et mobilisation des connaissances, et chroniqueuse pour la revue Musique et Pédagogie.

Raquel Lyrio Sato
Titre : La présence musicale en classe hospitalière: le chant collectif comme médiation relationnelle au service du bien-être des enfants et des adolescents

Cette communication présente le concept de présence musicale, développé à partir d’une recherche menée en classe hospitalière, et en interroge la portée pour la réflexion sur les arts et le bien-être des enfants et des adolescents. En 2017, à l’Institut national de cardiologie de Rio de Janeiro, j’ai créé et dirigé des ateliers de musique collective auprès d’enfants et d’adolescents en traitement cardiaque, dans le cadre de la classe hospitalière, un milieu éducatif reconnu mais peu étudié. Pendant une année, j’ai documenté six ateliers selon une étude de cas qualitative réunissant quarante-six participants âgés d’un mois à quinze ans. Le chant collectif y était l’instrument principal, choisi pour son accessibilité et pour la syntonie vocale incarnée qu’il mobilise.

L’analyse a fait émerger cinq catégories: bien-être, construction, liberté, socialisation et perte. De ces observations est née la notion de présence musicale, un état relationnel caractérisé par l’attention partagée, la disponibilité affective et le sentiment de reconnaissance. Plutôt qu’un effet thérapeutique, je propose d’y voir une médiation relationnelle qui soutient le bien-être psychique des jeunes en contexte de vulnérabilité. Je discuterai enfin de la pertinence de ce cadre pour le milieu scolaire et éducatif, où la classe hospitalière prolonge l’école jusque dans les espaces de soin, et de son prolongement actuel dans ma thèse de doctorat à l’UQAM.

Raquel Lyrio Sato est candidate au doctorat en études et pratiques des arts à l’Université du Québec à Montréal, sous la direction d’Audrey-Kristel Barbeau. Éducatrice musicale et chef de chœur, elle a obtenu en 2017 une maîtrise à l’Universidade Federal do Rio de Janeiro, consacrée à une pratique d’éducation musicale en milieu hospitalier pédiatrique. Elle est fondatrice et directrice d’Allegrissimo, un ensemble vocal montréalais qui offre de la musique vivante dans des milieux de soin. Pendant la pandémie, elle a travaillé comme préposée aux bénéficiaires en CHSLD, une expérience qui nourrit aujourd’hui sa recherche doctorale. Ses travaux portent sur la présence musicale, comprise comme une médiation relationnelle entre des choristes et des personnes en situation de vulnérabilité, des enfants hospitalisés aux personnes âgées hébergées.

Valerie Peters
Titre : Musiquer afin de réguler les émotions

La capacité à réguler ses émotions fait partie intégrante du bien-être, et des études récentes ont mis en évidence le lien entre la musique et les stratégies de régulation émotionnelle. L’objectif de cette méta-analyse était d’examiner l’impact de « musiquer » sur la régulation émotionnelle. Pour atteindre cet objectif, une recherche systématique dans les bases de données a été menée afin d’identifier des essais contrôlés randomisés (ECR). Huit études répondant aux critères d’inclusion ont été sélectionnées; elles portaient sur 441 participants et utilisaient diverses stratégies d’intervention musicale, notamment écouter, jouer et créer. L’effet global était de d = 0,45; p < 0,01. Des analyses de modérateurs ont été menées. La discussion porte sur les perspectives en matière d’éducation musicale, de programmes de prévention et de politiques publiques destinées à la population générale, ainsi que sur la musique en tant que ressource potentielle contribuant au bien-être.

Valerie Peters est professeure titulaire à la Faculté de musique de l’Université Laval après avoir été enseignante de musique au secondaire pendant plusieurs années. Elle est responsable des cours de didactique de la musique au secondaire depuis 2004 et a été directrice de programme du Baccalauréat en enseignement de la musique de 2014 à 2018 et directrice des programmes de recherche de 2e et 3e cycles en éducation musicale de 2020 à 2024. Elle est présentement responsable facultaire des études. Ses activités de recherche subventionnées incluent 1) Les approches multiculturelles et interculturelles en musique; 2) Comprendre l’apprentissage artistique et l’engagement artistique des adolescents à l’ère du numérique; 3) Recherche collaborative sur les conditions de travail, les savoirs et les pratiques des enseignants de musique au Québec; 4) Mise en œuvre d’un plan de mobilisation des connaissances pour une organisation musicale communautaire; et 5) Comment l’apprentissage musicale agit comme facteur de protection en contribuant au développement des compétences socio-émotionnelles chez les populations vulnérables. Elle est directrice du Laboratoire éducation musicale, bien-être et potentiel humain (Lab EMBEPH) depuis 2022.

Médiation : Hélène Boucher

À la suite d’études en interprétation de la flûte traversière, Hélène Boucher a complété un doctorat en éducation musicale à l’Université McGill. Parallèlement à sa formation universitaire, elle a enseigné la musique, tant au préscolaire qu’au primaire, pendant plus de 15 ans. Elle est certifiée pour enseigner la formation Kodály par l’organisation américaine des éducateurs Kodály. Elle a reçu plusieurs prix pour l’excellence de son enseignement tant au primaire qu’à l’université. Elle est présentement professeure en pédagogie musicale à l’Université du Québec à Montréal. Ses recherches portent sur le développement de l’aisance et de l’anxiété de performance musicale chez les enfants et les adolescents; sur l’adaptation culturelle, en français pour le Québec, de l’approche Kodály; sur les jeux musicaux comme outil pédagogique; et sur le rôle de la musique dans le développement socio-émotionnel en petite enfance.

14h45 à 15h : Pause 

À la pause, du café, du thé et des viennoiseries seront servis.

15h à 16h15 – Panel THÉÂTRE
Aurélie Spooren & Laika Othello
Titre : Dans ta tête à toi

Le projet de création de danse-théâtre « Dans ta tête à toi. » en partenariat avec plusieurs artistes et la chercheuse en neuroscience Naila Khulmann (Mc Gill) a été réalisé par les enseignantes en art dramatique Aurélie Spooren et Laika Othello à l’école primaire Sainte-Colette à l’hiver 2026.

Cette création interprétée par les élèves de classes ordinaires, RED, accueil et TSA a permis de se familiariser avec la réalité de la neurodiversité, de diminuer la méfiance envers la différence, de favoriser l’inclusion, créer des ponts de communication, développer l’estime de soi des jeunes et le lien école-famille.

Étapes du projet :
1. L’ensemble des élèves de l’école ont pu assister à l’une des représentations dont une à la MCC de Montréal-Nord. Cette création inspirée de l’Album jeunesse « Et dans ta tête à toi? » a pu montrer de manière poétique ce qui peut habiter dans la tête de certains enfants neurodivergents.
2. Ateliers de danse-musique filmés dans lesquels les élèves TSA ont pu, explorer l’espace et le mouvement avec des objets variés (tissu, instrument, lumière) et, dans un second temps, créer un contact avec les élèves de classes ordinaires. Ces ateliers ont été mis en place pour répondre aux besoins spécifiques et mettre en lumière des élèves TSA non-verbaux. Le court-métrage clôturait la représentation théâtrale.
3. Les élèves de 2ème et 3ème cycle ont pu vivre des ateliers de médiation culturelle (Théâtre Déchainés) et de casque de réalité virtuelle (Lou, compagnie Les pieds en haut) afin de les sensibiliser à la neurodiversité.

 Aurélie Spooren est diplômée en interprétation de l’ENTC et a cumulé des expériences en tant que comédienne mais, également metteur en scène parallèlement à sa carrière en enseignement au secondaire et au primaire. Elle enseigne depuis 2006 à l’école Sainte-Colette. Elle complète sa maitrise à l’UQAM en 2015 et depuis elle est mentor en art dramatique pour le CSSPI. Récipiendaire de 3 prix Essor pour des projets de créations théâtrales avec les élèves de classe d’accueil, elle monte également, depuis 2019, une ligue d’improvisation primaire au CSSPI. Elle est passionnée par le tissage de lien entre milieu scolaire, le milieu artistique et universitaire.

Laika Othello est enseignante en art dramatique au primaire depuis 2022 et détient un baccalauréat en études théâtrales et termine une maîtrise en enseignement des arts. Sa pratique est guidée par des valeurs d’équité, d’inclusion et de reconnaissance de la diversité culturelle. Elle s’intéresse aux approches « décoloniales » ainsi qu’aux questions identitaires liées à la culture, à l’appartenance et à la transformation sociale. Elle cherche à rendre le théâtre accessible et démocratique afin que chaque élève puisse y trouver sa place.

Manon Claveau
Titre : Les effets intrinsèques de la sortie culturelle scolaire au théâtre professionnel sur le bien-être des élèves du primaire

Selon certain·es philosophes une rencontre sensible et transformatrice avec une œuvre d’art, c’est-à-dire une expérience esthétique (Dewey, 2010), jouerait un rôle fondamental et essentiel dans le bien-être et l’épanouissement des individus, en produisant des effets intrinsèques difficilement reproductibles par d’autres moyens (d’Olimpio, 2024). À titre d’exemple, Jean-Marie Schaeffer (2023) affirme que ce type d’expérience agit de manière libératrice, vivifiante et apaisante sur la sensibilité, l’intellect et les émotions, en ouvrant un espace où il devient possible de s’oublier momentanément, de se reconnaître dans son expérience humaine et d’éprouver un sentiment d’appartenance au monde. Les très rares recherches consacrées aux effets intrinsèques de la fréquentation du théâtre professionnel chez des adultes spectateur·rices de théâtre (Eversmann, 2004 ; Brown et Novak-Leonard, 2008) révèlent de fortes similitudes avec l’expérience de flow (Csikszentmihalyi, 1990), reconnue pour ses liens avec le bonheur, le bien-être et l’épanouissement.

Qu’en est-il des effets de la sortie culturelle scolaire au théâtre ? Une recherche collaborative menée récemment avec 26 élèves de cinquième année du primaire a permis d’en identifier plusieurs. Nos résultats suggèrent que permettre à des enfants de vivre des expériences esthétiques lors de rencontres avec des œuvres théâtrales professionnelles dans le contexte scolaire pourrait générer des retombées positives immédiates sur leur bien-être et favoriser l’adoption de pratiques culturelles pérennes, susceptibles de soutenir leur bien-être et leur épanouissement à plus long terme. Ceci corrobore, chez les enfants-élèves, les bienfaits pressentis par la littérature philosophique et observés dans les études empiriques menées auprès de spectateur·rices adultes libres et volontaires.

Manon Claveau est directrice de la médiation théâtrale et du développement scolaire à la Maison Théâtre (Montréal), où elle coordonne une équipe d’artistes-médiateur·rices qui anime annuellement près de 1000 activités en contextes scolaires, familiaux ou communautaires. Elle y développe la philothéâtre, une approche et un processus de médiation culturelle inspirés de la pratique du dialogue philosophique et visant à enrichir l’expérience esthétique des spectateur·rices de tous âges. Dans le cadre d’une maîtrise en didactique à l’UQAM, elle a mené une recherche collaborative avec des enfants-élèves au sujet des stratégies qu’elles et ils mobilisent pour se constituer une expérience esthétique signifiante lors de la fréquentation de spectacles théâtraux professionnels en contexte de sortie culturelle scolaire. Elle intervient régulièrement dans le cadre d’événements portant sur la médiation culturelle, l’éducation artistique et esthétique, la fréquentation du théâtre, la culture à l’école ainsi que la pratique du dialogue philosophique en contexte de médiation artistique.

Mélodie Bérubé
Titre : Partage de la pratique de la dramathérapie en contexte d’enseignement collégial

En cohérence avec la mesure 4.1 du Plan d’action en santé mentale étudiante (PASME, 2022), l’équipe psychosociale du Collège Montmorency a diversifié son offre de services psychosociale entre 2022 et 2026 en y intégrant la dramathérapie (thérapie par l’art dramatique). Cette approche active et corporelle (NADTA, 2021) permet aux étudiant·es d’exprimer leurs émotions à travers la métaphore, le jeu de rôle, le théâtre d’objets, l’expression corporelle, etc. Au cégep, cette pratique complémentaire se déploie actuellement sous trois formes : l’intervention individuelle, des ateliers de groupe sur l’apprivoisement du stress et de l’anxiété et un groupe de soutien à la transition interculturelle (station SME, 2025).

Cette communication propose un partage de pratique innovante et une réflexion critique issus de cette expérience collaborative menée avec l’équipe psychosociale et le corps professoral. Plus spécifiquement, nous mettrons en lumière comment ces interventions s’appuient sur la théorie de la distance esthétique (Landis, 1983 ; Emunah, 2020). Ce concept clé permet de naviguer consciemment entre l’implication affective et la distance cognitive, offrant aux étudiant.es un espace d’expression créatif et introspectif le plus sécuritaire possible : l’étudiant·e ne s’identifie plus directement à son symptôme, mais entre en relation avec lui grâce à l’expression théâtrale.

À l’aide d’exemples cliniques, cette présentation ralentira sur l’application de la dramathérapie en contexte collégial afin de soutenir la santé mentale et le mieux-être de la population étudiante. Nous verrons comment la distance esthétique guide les choix cliniques, mais aussi potentiellement des choix pédagogiques, pour offrir un contenant émotionnel créatif et bienveillant.

Mélodie Bérubé est diplômée de la maîtrise en thérapie par les arts créatifs, spécialisée en dramathérapie (MA, Université Concordia, 2023) et détient également un baccalauréat en enseignement de l’art dramatique et une formation en psychologie. De 2022 à juin 2026, elle a œuvré au sein de l’équipe psychosociale du Collège Montmorency à titre d’agente de service social et de dramathérapeute, y développant des services individuels et de groupe. Elle pratique aussi au Centre de développement humain par les arts (CAHD) auprès d’une clientèle DI ou TSA, et propose des suivis individuels ainsi que des ateliers pour adolescents à Humano Clinique. Sa pratique privilégie des interventions créatives, sensibles et corporelles, au service des besoins psychosociaux de chacun·e. Elle est enfin médiatrice culturelle pour la Maison Théâtre et le Grand Espace, où son bagage de dramathérapeute inspire en douceur la rencontre entre les publics jeunesse et les œuvres théâtrales.

Médiation : Ney Wendell Cunha Oliveira et Maud Gendron-Langevin

Ney Wendell est directeur et professeur à l’École supérieure de théâtre et codirecteur scientifique du Pôle sur la Santé Mentale de l’Université du Québec à Montréal – UQAM. Il a fait sa maîtrise et son doctorat en arts scéniques et sociaux à l’Université fédérale de Bahia-UFBA, et son postdoctorat en sociologie de la culture à l’UQAM. Co-fondateur du Groupe de recherche sur l’enseignement de l’art dramatique – GRET, membre régulier de l’Institut universitaire SHERPA pour le travail sur l’immigration et participant à d’autres groupes de recherche. Enseignant d’art dramatique, médiateur culturel et metteur en scène, il est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages en portugais qui abordent le théâtre social, l’éducation des enfants, l’art et le développement humain, ainsi que la pratique communautaire en médiation culturelle.

Maud Gendron-Langevin détient un baccalauréat en enseignement de l’art dramatique (UQAM) et une maîtrise en dramathérapie (Concordia). Maud est professeure agrégée à l’École supérieure de théâtre de l’UQAM. Ses recherches portent sur l’utilisation du théâtre comme moyen d’intervenir, susciter l’engagement et de donner une voix tant aux élèves à besoins éducatifs particuliers qu’à tout autre groupe marginalisé. Elle tente de comprendre comment, par le processus de création et la présentation théâtrale, les participants portent un regard sur eux-mêmes et tolèrent le regard de l’autre dans un dialogue constructif. Le sentiment d’efficacité personnelle, l’engagement, la construction identitaire et la prise de parole citoyenne sont au cœur de ses intérêts de recherche. Maud est chercheuse au Centre de recherche de Montréal sur les inégalités sociales et les discriminations (CREMIS), membre responsable de l’axe Soutien aux jeunes à risque de la Chaire de recherche de l’UQAM sur le développement de pratiques innovantes en art, culture et mieux-être, ainsi que membre fondatrice du Groupe de Recherche sur l’Enseignement du Théâtre (GRET) de l’UQAM.

16h15 à 17h : Synthèse de la journée

Cette dernière rencontre sera consacrée à faire des liens entre les panels des quatre arts et créer une synthèse de la journée.

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